J’ai appelé mon voisin parce que mon chien aboyait étrangement vers la porte

 J’ai appelé mon voisin, Marc, en chuchotant, lui disant de venir tout de suite, que quelque chose n’allait pas. En attendant, je suis resté figé dans mon lit, le cœur battant à tout rompre.

Mon chien, Rex, était maintenant debout, les poils du dos hérissés, un grognement continu et profond dans la gorge. Il reculait lentement, comme devant une menace.

Quelques minutes interminables plus tard, j’ai entendu le bruit de la clé dans la serrure de la porte d’entrée (Marc a un double pour arroser mes plantes quand je suis absent). J’ai crié : « Marc, je suis là-haut ! Sois prudent ! »

J’ai entendu ses pas dans l’escalier, puis il est apparu dans l’encadrement de ma porte, une batte de baseball à la main. « Tout va bien ? » a-t-il demandé, les yeux écarquillés. Au moment même où il disait ça, Rex a cessé de grogner. Il a remué la queue, gémi faiblement, et s’est approché de moi pour se blottir contre mes jambes, tremblant de tous ses membres.

Marc a inspecté la chambre, le couloir. Rien. « Peut-être un bruit de la rue ? » a-t-il suggéré, mais je voyais à son regard qu’il n’y croyait pas vraiment.

C’est en redescendant avec lui, pour le raccompagner, que nous avons vu. La porte-fenêtre du salon, donnant sur le jardin, était grande ouverte. Je l’avais pourtant fermée à clé, j’en étais sûr. Sur le carrelage, près de la porte, il y avait de la terre fraîche, comme si quelqu’un avait marché dans les plates-bandes. Et sur la table, mon ordinateur portable avait été déplacé.

Rex n’avait pas aboyé après un fantôme. Il avait senti une présence. Une présence réelle qui était entrée chez moi pendant que je dormais, et qui avait probablement fui par cette même porte quand elle avait entendu Marc arriver, ou quand Rex s’était mis à donner l’alerte avec une telle insistance.

Je n’ai pas dormi de la nuit. Le lendemain, j’ai changé toutes les serrures et j’ai installé une alarme. Mais la vraie sécurité, elle dormait à mes pieds, l’oreille toujours aux aguets.

Je ne l’ai jamais plus grondé d’aboyer la nuit. Depuis ce soir-là, chaque fois qu’il gronde, je me lève et j’allume toutes les lumières. Je lui fais une confiance absolue.